Comment Mars a-t-elle pu être chaude et humide sans présence de calcaire ?
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Avant d’évoquer le sujet de ce soir, voici une petite nouvelle concernant la possible rencontre d’un astéroïde avec Mars, le 30 janvier 2008. (Voir, à ce sujet, la note du 22 décembre 2007). De nouvelles mesures effectuées par des astronomes viennent de porter la probabilité de collision de 1/75 à 1/25. 4% cela reste encore peu, mais si cette nouvelle concernait la Terre, j’imagine aisément le stress qu’elle provoquerait dans le public.
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Un article paru le 21 décembre 2007 dans la revue Science vient apporter une réponse à l’une des grandes énigmes minéralogiques concernant Mars. Il est signé par Maria Zuber du Massachusetts Institute of Technology ainsi que par Itay Halevy et Daniel P. Schrag tous deux de Harvard University, installée elle aussi à Cambridge, Massachusetts.
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Depuis longtemps, les preuves confirment l’existence dans le lointain passé martien d’un climat chaud et humide. Pourtant aucun signe de présence de roches carbonatées, comme le calcaire, n’a jamais été démontré alors qu’elles devraient se trouver un peu partout sur la surface de la planète rouge.
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Depuis quelques années maintenant, la communauté scientifique connaît bien le rôle du dioxyde de carbone (le gaz carbonique) dans la création de l’effet de serre.Il permet à une planète de lancer le cycle du carbone (la précipitation du calcaire dans les océans venant former des sédiments) et de conserver son atmosphère. (Il a fallu pour la Terre des milliards d’années avant que son atmosphère soit respirable).
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L’idée nouvelle des scientifiques a été de se demander quel phénomène a bien pu se réaliser sur Mars.
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Un autre gaz recraché par le volcanisme très important de Mars a pu remplacer le dioxyde de carbone. Il s’agit du dioxyde de soufre. Les analyses des savants démontrent que le dioxyde de soufre permet d’expliquer les observations réalisées sur Mars. Comme celles concernant ce rocher surnommé « El Capitan », ici vu en fausses couleurs, filmé par la caméra panoramique d’ Opportunity en 2004. Le petit robot y a démontré la présence de jarosite, un minerai de fer se formant en présence d’eau.
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Crédit image : NASA, JPL, University of Cornell
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Le dioxyde de soufre participe à la formation de l’effet de serre, se dissout facilement dans l’eau pour former des silicates et des sulfites, inhibant ainsi la formation de roches carbonatées comme le calcaire. Il permet aussi d’expliquer les argiles découvertes sur la surface, sans présence de calcaire.
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Il est possible que le manque partiel de gaz carbonique dans l’atmosphère primitive martienne ait eu pour conséquence une fragilité de l’effet de serre de la planète rouge. Le dioxyde de soufre étant moins efficace que le dioxyde de carbone pour la pérénité de l’effet de serre, Mars n’a pu conserver longtemps une atmosphère importante. L’effet de serre a, tout de même, été suffisant pour couvrir un tiers de son sol, dans l’hémisphère nord, par un océan temporaire.
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Par ailleurs les auteurs se demandent si notre Terre n’est pas passée par la même étape, avec un cycle basé sur le dioxyde de soufre, dans ses premiers âges. Mais notre planète se renouvelant constamment, aucune trace n’a pu en subsister.
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Source principale : Massachusetts Institute of Technology
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Source illustration : Photojournal, NASA, JPL-Caltech
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