Epsilon Andromède : un système d’exoplanètes hors plan
Epsilon Andromède : un système d’exoplanètes hors plan
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Comme nous le découvrons souvent ici au fil des notes, à chaque nouvelle découverte d’exoplanète s’attache son lot de surprises et de remises en questions des théories basées, et pour cause, sur l’observation unique de notre système solaire.
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Ce champ d’investigation pour les astronomes est encore relativement neuf : les scientifiques découvrent de nouvelles perspectives et des interrogations supplémentaires au fur et à mesure qu’ils interprètent les données fournies par leurs télescopes.
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Une communication sur ce domaine a été réalisée le 24 mai 2010 au 216ème congrès de l’American Astronomical Society à Miami et sera publiée le premier juin dans Astrophysical Journal. Barbara McArthur (University of Texas, Austin, McDonald Observatory) et son équipe ont utilisé le télescope spatial Hubble et différents télescopes terrestres comme le Giant Hobby-Eberly Telescope pour étudier une étoile, légèrement plus jeune, plus massive et plus brillante que notre Soleil, située à 44 années lumière de nous : Epsilon Andromedae.
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Système Epsilon Andromède, vue d’artiste ; crédit image : NASA, ESA, A. Feild (STScI)
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Plan large : 998 x 1 024 pixels
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Plan très large : 2 925 x 3 000 pixels
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Depuis déjà une dizaine d’année Epsilon Andromedae est reconnu posséder trois exoplanètes de masses joviennes. (voir note du 14 octobre 2006 consacrée à Epsilon Andromedae b)
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Les astronomes ont réussi à mesurer et à calculer par différentes techniques la masse exacte de deux des exoplanètes. Les précédentes estimations donnaient pour Epsilon Andromedae c et d : 2 et 4 fois la masse de Jupiter. Les nouveaux calculs leurs octroient respectivement 14 et 10 masses joviennes. Et surtout pour la première fois a pu être mesuré l’inclinaison mutuelle des orbites de deux exoplanètes ; elle est de 30° pour les planètes c et d ! De plus l’existence d’une quatrième exoplanète, Epsilon Andromedae e, a été déduite sur une orbite beaucoup plus éloignée. La mesure de l’inclinaison de Epsilon Andromedae b n’a pu être déterminée.
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Les planètes d’Epsilon Andromedae n’orbitent donc pas comme dans notre système solaire, pratiquement dans le même plan. Nous avons déjà rencontré dans la note du 16 avril 2010 l’existence de nombreuses planètes possédant des orbites rétrogrades par rapport à leurs étoiles, voici maintenant des planètes n’orbitant pas du tout dans le plan de leur étoile.
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Il est intéressant de se demander l’origine de l’inclinaison du système d’Epsilon Andromedae. Jusqu’à présent il était facile de penser qu’à partir de l’effondrement du nuage primordial de gaz et de poussières se formait l’étoile et tout autour, plus ou moins dans le même plan, ses planètes.
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Pour Barbara McArthur, les différentes orbites peuvent résulter de la migration de planètes de l’extérieur vers l’intérieur du système, le jeu de fronde gravitationnelle qu’exercent les planètes les unes sur les autres et qui permettent l’exclusion de planètes du système, et l’existence d’un compagnon à l’étoile-mère. Il s’agirait dans ce cas d’une naine rouge beaucoup plus petite qu’Epsilon Andromedae et parcourant une orbite non encore déterminée; si celle-ci est très elliptique , le compagnon (Epsilon Andromedae B) pourrait s’approcher tous les 10 000 ans par exemple du système des planètes et y exercer des perturbations.
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Rory Barnes (University of Washington), membre de l’équipe et spécialiste de la dynamique des système d’exoplanètes, avance que selon leurs calculs, l’hypothèse de l’éjection d’une planète du système pourrait être prise principalement en compte. Et Barnes de préciser : rien ne permet d’affirmer que la configuration actuelle du système des planètes est stable d’autant que l’influence du compagnon stellaire est pour l’instant inconnue.
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Plus généralement, il s’interroge sur la possibilité d’existence d’une planète tellurique comme la nôtre dans un tel système “farfelu”. Son orbite sous l’influence des ses imposants voisins joviens est amenée à fluctuer dans le temps, par exemple être circulaire autour de l’étoile puis au bout de 1 000 ans devenir très elliptique. Dans ces conditions instables la vie n’a pratiquement aucune chance de s’y développer : l’eau par exemple passant de l’état liquide dans la zone habitable, à l’état de glace en s’éloignant puis de vapeur d’eau en se rapprochant trop près de son étoile ! La structure même de la planète varierait en fonction des forces gravitationnelles auxquelles elle serait soumise dans le temps. La définition de “zones habitables” dans de tels système est très compliquée.
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Sources principales :
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