Jupiter, impact de 2009, épisode 4
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Deux articles parus dans la revue Icarus reviennent sur la collision d’un objet avec Jupiter en date du 19 juillet 2009 (voir dernière note sur le sujet du 3 juin 2010). L’alerte avait été donnée par l’astronome amateur australien Anthony Wesley et relayée immédiatement par l’Infrared Telescope Facility à Hawaï, les grands télescopes terrestres comme les deux Gemini, le VLT et même par Hubble fraîchement réparé.
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Jupiter, infrarouge, juillet 2009 ; crédit : NASA, IRTF, JPL-Caltech, University of Oxford
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Plan large : 475 x 1 024 pixels
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Plan très large : 2 317 x 5 000 pixels
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Ces images ont été prises en infrarouge par l’Infrared Telescope construit sur le Mauna Kea à Hawaï, le 20 juillet à gauche et le 16 août à droite. L’impact est visible dans l’hémisphère sud jovien. La grande tâche rouge apparaît à droite de Jupiter en orange. Entre ces deux dates, les débris de l’impact se sont éparpillés en suivant les vents sur de très grandes distances.
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Après plus d’une année d’études des données les conclusions sont rapportées entre autres par Glenn Orton (JPL-NASA) qui opérait à ce moment-là sur l’Infrared Telescope et Leigh Fletcher (Université d’Oxford).
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Jupiter, infrarouge, collision du 19 juillet 2009 ; crédit : Berkeley UC, SSI Gemini Observatory, AURA
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Plan large : 783 x 1 015 pixels
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Cette image a été prise par le Gemini Sud au Chili en infrarouge. L’encart détaille la zone d’impact au 22 juillet.
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Les données infrarouge ont montré une augmentation de la température 42 kilomètres au dessus de la stratosphère de Jupiter de 3 ou 4 ° Kelvin. Cela peut paraître peu mais répartie sur l’énorme zone de l’impact, cette augmentation de température correspond à une libération d’énergie équivalente à celle de 5 milliards de tonnes de TNT ! L’objet en plongeant profondèment dans l’atmosphère jovienne a creusé un tunnel surchauffé. L’onde de choc en retour a propulsé les gaz et les débris jusque dans la haute atmosphère. Ils se sont ensuite répartis en fonction des vents sur une distance équivalente à celle de deux fois la longueur des Etats-Unis.
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Les spectographes infrarouge ont analysé la composition de ces débris et les ont comparés aux études réalisées lors de la collision de la comète Shoemaker-Levy 9 avec Jupiter survenue 15 ans auparavant. Les débris sombres, la remontée d’ammoniac et la chaleur de l’atmosphère sont similaires mais le panache brûlant n’avait pas atteint cette hauteur. De plus étaient absents lors du précédent impact les traces d’hydrocarbures, de silice et de silicates. Ces derniers éléments, l’absence de monoxyde de carbone et la force de l’impact sont des preuves que l’objet n’était pas une comète contenant beaucoup d’eau comme Shoemaker-Levy 9 mais un corps rocheux.
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Donc l’objet ayant percuté Jupiter le 19 juillet 2009 était un astéroïde, dont la taille est estimée entre 200 et 500 mètres de diamètre. Ce qui est un peu une surprise car Jupiter est supposé avoir fait depuis longtemps le “ménage” gravitationnel autour de lui. Des collisions de comètes avec Jupiter sont théoriquement plus probables car celles-ci, déstabilisées par des conjonctions gravitationnelles proviennent des pourtours du système solaire alors que les astéroïdes sont beaucoup plus proches. Il est difficile de calculer la fréquence des collisions d’astéroïdes avec Jupiter. A titre d’exemple les scientifiques ont calculé, au vu des traces sur notre sol, une collision probable d’un astéroïde de cette taille avec la Terre tous les 100 000 ans. Toujours est-il que les astronomes en essayant de trouver dans les archives l’astéroïde originel de la collision ont découvert l’existence d’un autre astéroïde proche (ou d’une comète éteinte) 2005 TS100, dont l’orbite est incohérente et vient périodiquement frôler Jupiter selon les modèles informatiques. Une collision d’astéroïde avec Jupiter peut donc se renouveler “rapidement” à l’échelle astronomique.
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Sources principales :
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Site NASA, Jet Propulsion Laboratory
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Site Gemini Observatory
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